SCORPIONS - FLY TO THE RAINBOW

SCORPIONS - FLY TO THE RAINBOW
Sortit en 1974
Produit par Scorpions himself.

Line-up :
Klaus Meine (Chant)
Rudolf Schenker (Guitare rythmique, acoustique)
Uli Jon Roth (Guitare solo et rythmique)
Jürgen Rosenthal (Batterie)
Francis Buchholz (Basse)

Affublé d'une pochette ultra laide, Fly To The Rainbow est un nouveau tournant pour nos Scorps, encore dans le doute.
Uli Jon Roth, au look hippy arrive à la lead et redéfinit pour un temps le son Scorpions. Lui aussi, et à un niveau supérieur de Mickeal Shenker, est un influencé par Jimi Hendrix.
Arrive aussi le bassiste qui restera fidèle à Scorpions durant près de 18 ans, j'ai nommé Francis Butcholtz.
Jürgen Rosenthal est recruté en qualité de batteur mais ne restera que le temps de l'enregistrement et de la promotion.

Cet album est tellement plus nerveux, plus évident que Lonesome Crow. Scorpions semble s'être trouvé. Le style Scorps est enfin lancé. Les accords de puissance de Rudy, le mélodisme des chansons. Et des textes relativement bons cette fois.

Speedy's Coming
Départ tonitruant de la strat de Uli. Maîtrisant le vibrato avec brio. Le tempo est plutôt rapide. La voix de Klaus est plus expressivement utilisée. On sait enfin où le groupe veut en venir et c'est ce qui fera sa patte : des refrains accrocheurs.

They Need A Million
Hispanisante intro de Rudy à la guitare classique, They Need A Million inflige à l'auditeur un ton arabisant et entêtant. D'ailleurs, ce dernier chante d'une voix grave, impassible avec un fort accent allemand. On peut rire car c'est déjà fait... Klaus et Rudy ne sont pas susceptibles.
Le solo de Uli est simplement inspiré. Une mode phrygien joué en micro manche, des voix presque effrayantes.
Une merveille.

Drifting Sun
Uli Jon Roth nous propose sa première song pour Scorpions. Une mélodie d'intro bien trouvé, mélodique et de qualité. Bien que parfois répétitive sur la fin, le solo et ses coups de vibrato font merveille. La voix de Uli passe bien même si il n'est pas un chanteur très fin, le chant de Rudy est carrément pire. Ce dernier aura particulièrement du mal sur ses propres compos, de Polar Nights à Hell-Cat, néanmoins excellente.

Fly People Fly
Délicieux solo. La voix de Klaus et ses harmonies vocales sont à se pisser dessus. Une perle de ballade où Scorpions pouvait plaquer une discrète partie de clavier en la personne de Achim Kirschning. Cette chanson insuffle un ton nouveau pour le groupe, qui ouvrira les portes aux perles comme Crying Days.

This Is My Song
Hautement inspirée des guitares harmonisées d'Andy Powell et Ted Turner (Wishbone Ash), Cette bombe de mélodisme est de loin ma chanson préférée sur cet album. La voix, la basse, la batterie, tout y est.
Le solo du Uli, plaintif, réverbérant et gémissant décalquerait la tête du plus obtus des conservateurs.

Far Away
Taillée pour la route. Une route calme. Un arpège doux, une basse délicate est parsemée. La voix de Klaus assène quelques phrasés vocaux rassurants. Le reste devient plus hard même cela reste une belle ballade.
On pourrait penser que ce ton est novateur dans l'histoire du disque et on n'aurait pas tort. Le clavier de Achim réapparaît sur la fin. La cloche de batterie résonne. Les harmonies vocales s'effacent doucement.

Fly To The Rainbow
Encore une partie de guitare classique, cette fois-ci dans le ton fingerpicking jusqu'à ce que la voix, encore et toujours puissante, épurée de Klaus déchire l'espace.
La partie hard déboule. Des harmonies de guitares, un thème Scorpionnien à souhaits.
Il est dommage que la chanson traîne en longueur. La partie narrative de Uli aurait pu être écourtée. La fin part dans un déluge d'effet flanger souvent employé par les groupes du moment (Deep Purple, Queen).

Compte rendu :
Il est bien évident que l'évolution s'est faite chez nos Scorpions. Cet album, sans être vraiment accessible au néophyte et quand même plus ouvert au monde. Plus nuancé et peut-être aussi plus coloré. Le seul reproche qu'on pourrait faire, hormis cette affreuse couverture rose, c'est les quelques longueurs pas vraiment handicapantes mais qui auraient rendu le tout plus direct.

Pour la petite histoire :
Les premiers fans commencent à arriver. D'abord en Allemagne, puis au Japon, plus réceptive à l'époque aux nouveautés et bientôt en Angleterre.
Fly To The Rainbow fut le dernier disque à ne pas arborer le célèbre logo du groupe pompé sur l'affiche d'un film.

Point forts : Un album fort, mélodique, plus ouvert que son prédécesseur. Des chansons qui commencent à faire transparaître le ton du groupe.

Points faibles : Quelques longueurs sur Drifting Sun et Fly To The Rainbow mais celles-ci servent les chansons. Une pochette qui aurait pu être mieux car une espèce de skieur avec des hélices aux deux pieds arborant une sorte de rideau « arc-en-ciel ».
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# Posté le dimanche 17 août 2008 11:38

SCORPIONS - LONESOME CROW

SCORPIONS - LONESOME CROW
Année de sortie : 1972.
Produit par Conrad Plank.

Line-up :
Klaus Meine : Chant, barbe
Rudolf Shenker : Guitare rythmique
Mickeal Shenker : Guitare solo et rythmique
Wolfgang Dziony : Batterie
Lothar Heimberg : Basse

Enregistré à Hambourg en 1972, il s'agit du premier jet de Scorpions.

Le groupe n'est pas vraiment stable (musicalement parlant) mais parvient tout de même à enregistrer sa première galette sous la houlette de Conrad Plank, l'un des producteurs allemands les plus importants. Il a par ailleurs travaillé pour Eurythmics, Ultravox et consorts dans les années 80.

Lonesome Crow a une réputation tout à fait exceptionnelle du fait qu'on ne peut le découvrir qu'après avoir entendu le plus gros de Scorpions. Le ton n'est pas vraiment celui d'un Blackout mais plutôt d'un croisement psychédélique de Hendrix et de Led Zep.
Le tout avec une petite couleur progressive très plaisante. Mettons cela au crédit de la jeunesse et l'excitation d'enregistrer un disque.
La musique de ce disque est tout à fait maîtrisée. La voix perçante est jeune de Klaus Meine fait déjà merveille. Son registre couvre plusieurs octaves.
Le son de batterie est tout à fait délicieux, surtout pour l'époque. La basse est bien présente et les guitares des Shenker Bros fusent.
Les solos de Mickeal Shenker sont inspirés, pleins de feeling, nous faisant oublier que le petit n'a que 17 ans. Un talent que UFO ne tardera pas à s'approprier.

I'm Going Mad
Début de batterie entraînante, plutôt bien agencée et qui ferait bien concurrence à Ian Paice ou à Ginger Baker.
La basse très présente joue un solo avant de laisser la guitare de Mickeal faire le reste sur la rythmique de Rudy.
La voix forte et puissante de Klaus apporte la cerise sur ce monstrueux gâteau qui se termine en apothéose de leads ciselés.

It All Depends
Très psyché, très typé heavy de la première heure, il s'agit d'une délicieuse compo qui aurait pu être instrumentale. Klaus utilise pour la première fois, et avec talent, les ch½urs qu'il maîtrise parfaitement.

Leave Me
Celle-ci peut faire penser à Woman sur Face The Heat. Je parle là de la poussée de Klaus dans les aigüe.
Les bruits d'intro et le solo tout en finesse sont tout à fait dans l'esprit Woodstock.

In Search Of The Piece Of Mind
Plus connu des fans du fait que Scorpions l'a reprise sur Tokyo Tapes, il s'agit de la première ballade officielle du groupe, 12 ans avant Still Loving You. Ceux qui ont jugé les Scorpions opportunistes par la suite devraient revoir cet album.
Bien que démarrant par des guitares harmonisées très « Wishbone Ash » et par des ch½urs désenchantés et austères, cette ballade est tout à fait plaisante.
La guitare acoustique est cristalline à souhaits. Tout est calme avant que Klaus hurle d'une douleur musicale empathique à coller le frisson.

Inheritance
Encore une fois, Klaus apporte sa sublime voix à cette compo à priori peu mélodique. La wha est de rigueur. Le style Hendrixien revient par la même. Mickeal Shenker est vraiment très doué, dommage qu'il ait débarqué de Scorpions pour un groupe qui n'irait jamais en première division.
Les ambiances d'Inheritance sont encore une fois sombres, profondes.

Action
Très rythmée et un tantinet dansant, la basse mène la barque. Klaus crie son désespoir. Le rythme change et devient plus hard.
Plaisante mais un poil en dessous de ses prédécesseurs.

Lonesome Crow
J'avais fait un jeu avec un pote lui aussi fan de Scorpions. Je lui avait demandé quelle était la plus longue chanson de Scorpions en version studio.
Il me répond tour à tour : China White ? Drifting Sun ? Ah ! Fly To The Rainbow !
Lonesome Crow fait la bagatelle de 13 minutes. Etonnamment progressif, avec des bruits de corbeaux dans un bois profond.
Tout est calme. Puis le rythme éclate sur la voix d'un Klaus possédé.
Curiosité entre heavy metal (de la première heure) à la Iron Butterfly, ce morceau démontre encore une fois que Lothar est un bon bassiste.
Des échos de soli, des cris de flying V plaintives. Tout est expérimental.

Compte rendu :
Il est clair que Lonesome Crow est l'album de Scorpions le plus inaccessible musicalement parlant. Il ne faut pas chercher à dénigrer cet album parce qu'il est carrément bizarre.
Oui, il est bizarre, sombre, austère, triste, gris, à l'image du corbeau sur la pochette. Dénué de tout mélodisme Scorpionnesque, cet album ne s'apprivoise pas de quatre ou cinq traites comme pour Savage Amusement par exemple.
Lonesome Crow n'est absolument pas mainstream.

Pour la petite histoire :
Cet album passera presque inaperçu et ne pourra se revoir éditer que bien plus tard, quand non Scorps auront consommé leur premiers succès dans les années 80.
Mickeal Shenker se fera embauché par UFO (qui connaît un très bon succès en Grand-Bretagne) lors de la maigre tournée de Scorpions.

Point forts : Une authenticité, une maîtrise quasi hypnotique et un son vraiment bon pour un premier album financé par une maison de disque à demi enthousiaste, donc pas forcément généreux en moyen.

Point faibles : Pas encore tout à fait rodé pour les chansons en anglais, Klaus fait comme il peut et délivre quelques textes très simplistes voir ridiculement insignifiants.

# Posté le dimanche 17 août 2008 11:33